Nous vous conseillons d’avoir lu Bienvenue au Mordret’s Pub Tome 1 et Tome 2 avant de vous attaquer à ce bonus IDP 🙂

Nous allons en effet mentionner plusieurs éléments clés de l’intrigue. Enjoy ! 😀

Spoilers... Spoilers everywhere !

Spoilers… Spoilers everywhere !

 

Un coup de scroll plus bas, la visiteuse démarra une nouvelle série de questions :

« Avez vous déjà ressenti des émotions en étant vampire ? Si oui, lesquelles et pour qui ? Vachement perso comme question… Si vous pouviez au moins répondre à la première, ça serait nice. : ) Ho, pardon. Ce que je viens de dire – deux points parenthèse fermante – est un smiley. Ça ne veut rien dire à l’oral, mais à l’écrit, ça fait un bonhomme qui sourit…

— Je suis agacé. C’est une émotion.

— Agacé par un smiley dans un texte ? C’est compréhensible… Ho, non. Je vous agace quand je dis des choses qui ne vous concernent pas… J’aimerais bien vous y voir, tiens… Ça fait partie de ma façon d’être et de fonctionner. Comme vous et votre curiosité à assouvir. Vous vivez sans fin, vous voulez être étonné. Je vis entre réalité et fiction, j’ai besoin de me le rappeler. Ce n’est pas simple, vous savez, de ne pas exister. Et je l’assume. Pleinement. Bien. Avez-vous déjà éprouvé de l’amour pour quelqu’un ?

— Non. Et n’attendez pas de moi de compassion quant à votre état. Votre simple présence me réduit à une erreur de parcours dans un univers alternatif.

— Attendre de la compassion d’un vampire… Laissez-moi rire… »

Et, en effet, elle rit.

« Donc, question suivante… Ha. Celle-ci… Hum, c’est un peu personnel. Vous sentez-vous seul ? Hormis lorsque je suis présent, bien entendu… »

Mordret fit un geste du menton vers les rayons de sa bibliothèque.

« Avec tous ces livres, comment le pourrais-je ?

— En effet ! Et vous est-il arrivé de rire “bien franchement” au cours de votre existence ?

— Oui, répondit-il absolument impassible.

— Pourquoi êtes-vous si cynique ? C’est une question, pas une remarque à votre réponse…

— Je ne suis pas cynique. De mon point de vue, c’est votre race, si tant est que vous soyez humaine, qui est exubérante et candide. »

À nouveau, la femme rit.

« Au fait, avez-vous déjà transformé quelqu’un en un vampire ?

— Non, et ce n’est que bêtise de le faire car nous ceux de mon espèce n’ont rien d’autre à gagner qu’un rival en puissance avec ce genre de pratiques.

— Pourtant les vampires sont nombreux hors des villes… Il faut croire que tous vos semblables n’adhèrent pas à cette façon de voir les choses… Je passe aux questions concernant Naola. Après tout, Bienvenue au Mordret’s Pub parle d’elle et de son arrivée chez vous… Appréciez-vous Naola ?

— Elle remplit plus honorablement ses fonctions que ce que j’escomptais.

— Et pourquoi vous être mis en colère lorsqu’elle a refusé de se lier à vous ?

— J’avais commencé à investir du temps dans ce projet, je déteste en perdre. Ce n’est pas ce que nous avions convenu. En outre, au vu de son efficacité, j’ai pour ambition de l’employer plusieurs années. La lier à moi est un excellent moyen de protéger mes investissements. Sa bêtise m’a contrarié.

— Ho, il me semble que vous aviez convenu… vous tout seul, pas avec elle… Qui étaient vos anciennes serveuses ?

— Il semble en effet que nous ne nous soyons pas compris, c’est évident, répondit Mordret, glacial. Kathrin Fassbinder, Lisa Bayer, Lena Peters, Anna Wannemaker, Marina Grunwald, par ordre chronologique, depuis l’ouverture de l’établissement.

— Ho ! Tout ce monde ? Si elles ne sont plus là, je me doute de la réponse, mais étaient-elles au niveau de Naola ?

— Au niveau ? Je ne vous suis pas, au niveau de quoi ?

— Aussi douée, débrouillarde, volontaire, motivée… que Naola ?

— Si mademoiselle Dadga était effectivement douée et débrouillarde, il ne fait aucun doute que sa propension à s’attirer des ennuis ne serait pas si développée. La seule qualité qui puisse être accordée à mes serveuses c’est “désespérées”, ou éventuellement “inconscientes”, hormis pour les vampires d’entre elles. Et vous conviendrez que cette qualité est tout à fait relative à mon point de vue.

— J’en conviens, j’en conviens ! »

L’inconnue fit craquer ses doigts et demanda un nouveau verre.

« Si vous avez un autre alcool typique de votre époque, je prends… S’il vous plaît.

— Rien de tout ceci ne me plaît. Avez-vous bientôt terminé ?

— Non. » Elle soupira et tourna le regard vers les questions… « Encore une dizaine de questions… Si toutes les serveuses que vous m’avez citées sont décédées dans votre bar, cette question a déjà une réponse, mais combien de serveuses sont mortes dans votre bar avant que vous engagiez Naola ?

— Vous pensez bien que si une seule sorcière d’entre elles avait connu un sort funeste, mon établissement n’aurait pu perdurer jusqu’à ce jour. Je n’ai jamais eu à déplorer qu’une perte, mais la presque-organique était fort usée et n’a guère tenu.

— Ho… J’ai confiance en vous… Vous auriez été capable de cacher un décès dans vos murs… Bref ! Quelle est votre plus grande peur ?

— Comme tous les miens, je crains l’argent, mais il s’agit là d’une faiblesse plus que d’une peur. Que voulez-vous craindre, dès lors que la mort est écartée ?

— La question portait plus exactement sur votre possible attachement à Naola, à savoir “Est-elle [cette peur] liée à Naola”, mais j’ai estimé que si vous y répondiez, cela répondrait également à cette question…

— Ce que je pourrais craindre n’est indubitablement pas lié à mademoiselle Dagda.

— Bien… Il ne me reste plus que quelques questions concernant Charm et quelques questions diverses… Que pensez-vous de Charm, d’ailleurs ?

— Charmante erreur, mais quel manque de retour sur investissement !

— Ho ! Une réponse sibylline que les lecteurs ne pourront pas comprendre car ils ne connaissent pas assez le passé de Charm. J’aime ! Et je laisse, pour le plus grand plaisir des autrices… [NDA Mouhahaha !] Question suivante : est-elle définitivement hors combat ?

— Pourquoi le serait-elle ?

— Je crois que certains lecteurs n’ont pas apprécié ses fourberies face à Naola… Mais ce n’est que supposition de ma part.

— Aux dernières nouvelles, elle se portait bien. Être fourbe ne saurait être considéré comme une tare, pour un vampire.

— C’est même un trait plutôt apprécié, parmi les vôtres… Aller, on y est presque. »

La voyageuse leva la main pour bâiller.

« Après, je monterai embêter Naola… Donc ! Quels sont vos maîtres-mots, ceux qui vous définissent ?

— J’ai sincèrement passé l’âge pour ce genre d’exercice.

— Bien. Disons… Vieille chauve-souris curieuse.

— Admettons.

— Parfait ! Question suivante… Ho ! Je cite : “C’est peut être un peu cliché mais [y a-t-il] une musique qui vous inspire ? “… Mais écoutez-vous seulement de la musique ?

— Non. Sans magie, à Stuttgart, c’est malaisé et j’ai des maléfices plus importants à entretenir que pour ce genre de futilité.

— Je comprends bien, d’autres priorités, disons… Aimez-vous manger des légumes ?

— Tout dépend de la façon dont ils sont cuisinés… grogna Mordret.

Il poussa un long soupir et se passa la main sur le visage, las :

« Il est vrai que vous n’aviez pas précisé que vos questions devaient être pertinentes…

— Non, mais c’est drôle… Les autrices n’avaient pas escompté pareil engouement… Vous allez adorer la dernière question : quelle est la couleur de vos chaussettes ?

— Je vous demande pardon ?

— Ça, c’est JBS… Tss… Vous devez bien porter des chaussettes… Un lecteur vous demande de quelles couleurs elles sont…

— Mais… quel est l’intérêt ? demanda le vampire, plus perplexe qu’agacé. Cette question porte-t-elle sur l’intégralité de mes tiroirs ? Ou sur les vêtements actuellement portés ?

— Parfois, je me dis que la vie de journaliste auprès des personnages d’histoire est difficile, se lamenta la femme. Les gens n’y pensent jamais, quand même, à ceux qui poseront leurs questions… Dites juste une couleur, ils seront contents…

— Blanches, en règle générale.

— Parfait. C’est donc terminé. Avez-vous un message à transmettre à vos nombreux fans ?

— Non. Ne recommencez pas.

— Si je reviens, ça sera dans un autre univers. Sans doute. À moins que je revienne de mon propre chef voir comment évolue votre monde avec toutes les précieuses informations que vous avez en main avec la tablette. Vous avez la possibilité de changer la face de votre monde, vous savez ? Bon. Naola. »

Et la femme disparue.

Suite du bonus IDP : Naola