Nous vous conseillons d’avoir lu Bienvenue au Mordret’s Pub Tome 1 et Tome 2 avant de vous attaquer à ce bonus IDP 🙂

Nous allons en effet mentionner plusieurs éléments clés de l’intrigue. Enjoy ! 😀

Spoilers... Spoilers everywhere !

Spoilers… Spoilers everywhere !

La voyageuse avait fini d’expliquer la situation à Charm, histoire que les lecteurs n’aient pas à relire encore une fois la même chose.

« Bien, Charm. Prête pour les questions ? »

La rouquine lovée dans un canapé en cuir défoncé, observait la voyageuse avec un intérêt gourmand. Le squat où elle s’était installée ces derniers mois grouillait de vampires et il avait fallu jouer des crocs pour leur ménager une pièce au calme. La cave en demi-sous-sol ne disposait pour seule ouverture que d’une minuscule fenêtre ajourée d’un drap.

« Cette pagaille que tu nous as foutue… », commenta Charm avec un petit rire.

Voir une humaine débarquer au beau milieu d’une curée avait surpris le nid, passer à travers au moment de se jeter sur elle en avait décontenancé plus d’une créature.

« Ça leur fera une curiosité à se raconter… Je suis sûre qu’ils seront contents une fois sortis de leurs rages…

— Ouais ! Turbulents petits collègues ! En même temps pas pouvoir planter nos dents dans ton cou, ça a de quoi être frustrant ! »

La fille posa les pieds sur quelque chose qui ressemblait à une table basse.

« Bon, tu me veux quoi ?

— J’ai cinq questions pour toi, posées par les lecteurices, répéta l’inconnue.

— Paaaaaarceque je suis un personnage de roman, répéta Charm, visiblement très amusée par cet état de fait. N’importe quoi, mais pose toujours.

— Es-tu amoureuse de Mordret ? »

Charm écarquilla les yeux puis rejeta la tête en arrière et partit dans un grand rire qui dura plusieurs minutes. Son hilarité n’avait aucune chaleur et, lorsqu’elle se redressa, son expression était revenue neutre, inexistante.

« Non, bien sûr que non. On est incapable d’éprouver ce genre de sentiment.

— Je me doute bien ! répondit la voyageuse qui s’était contentée de sourire pendant l’hilarité de la vampire. Je te l’avais dit, questions distrayantes ! Question suivante : pourquoi tu as embrassé ton père adoptif ?

— Lequel ?

— Celui que Naola t’a vu embrasser, les lecteurs ne connaissent pas tes nombreux autres pères adoptifs…

— Ah ! Oui enfin de toute façon c’est un peu la même réponse pour tous : c’est bien plus pratique et plus amusant comme ça. Déjà, ça les rend dépendants, plus dociles. Ensuite au début c’est toujours plus amusant : ils me prennent pour leur fille, tu vois, alors ils se sentent tellement mal… »

La petite vampire émit un son proche du ronronnement.

« C’est distrayant de les faire céder. C’est encore mieux si c’est un couple…

— Hum… Nous n’avons pas les mêmes distractions… »

La voyageuse toussota, mais ne montrait pas plus de gêne que ça : la vampire aurait trouvé ça bien trop amusant.

« Nouvelle question : est-ce que tu apprécies Naola ?

— La seule façon dont je pourrai l’apprécier, c’est à quatre heures. »

Un léger silence s’installa avant que la question suivante ne tombe :

« Sujet plus léger : Aimes-tu le chocolat ?

— Euh. Ca fait un moment que j’en ai pas mangé, mais ouais. En ce moment c’est un peu la dèche dans ce coin du monde, niveau produit exotique…

— Hormis Mordret, les grandes familles et quelques Fédéraux, personne n’a assez de ressources pour en acheter… Ça pue un peu, hein, les Cataclysmes ? Bref ! Dernière question : Est-ce que les vampires se brossent les dents ?

— On se lave les dents ouais, pas forcément en se les brossant d’ailleurs. Faut prendre soin de sa dentition et ça vaut pas que pour les vampires hein…

— C’est un peu votre outil de travail quoi…

— Ouais voilà… » répondit la vampire en souriant de toutes ses dents.

La voyageuse sourit, puis se releva.

« Bien ! Merci beaucoup pour ton aide ! Maintenant, il faut que je passe voir Kímon… »

L’instant d’après, la jeune femme était devant Kímon. Le gamin était installé à côté d’une femme, elle aussi, augmentée de beaucoup de mécartifices.

« Bonjour bonjour… Avant que vous ne me tiriez dessus, sachez que je n’existe pas… »

L’avertissement eu au moins pour effet de retenir, un temps, les deux canons chargés qui s’était presque instantanément pointés vers cette intruse capable de s’infiltrer au milieu du Camp de Niémen et jusqu’aux baraquements de l’infirmerie, sans que personne ne sonne l’alerte. Chose que s’empressa de faire la webster, un de ses artefacts émettant un son de corne de brume puissant.

« Restez où vous êtes ! ordonna-t-elle, prête à faire feu.

— Ne gâchez pas vos munitions, je n’existe pas. Essayez de passer la main à travers moi, vous verrez ! »

Afin de montrer qu’elle ne leur voulait pas de mal, elle levait les mains. La webster tira et les balles de son colt passèrent effectivement à travers l’étrange personnage.

« Qu’est ce que… » grogna-t-elle en se jetant sur la femme. À défaut de passer au corps à corps, elle passa à travers. Et l’instant suivant, la porte de la bâtisse s’ouvrit, laissant entrer une dizaine d’hommes et de femmes, mécartifices et soldats fédéraux, tous l’arme au poing et prêt à tirer.

« Vous voyez, je n’existe pas. J’ai… Deux petites questions à poser à Kímon. Je voulais savoir s’il était en état pour y répondre. Sinon, tant pis, je ne vais pas l’embêter s’il ne veut pas.

— Vous êtes encerclée, rendez-vous sans résister ! Mains sur la tête », ordonna un gars à l’uniforme plus fourni que ceux des autres.

La voyageuse poussa un soupir et fit un saut dans le temps pour permettre au lecteur une lecture [NdA : Sans déconner ? Au lecteur, une lecture ?] plus aisée. Nous retrouvons donc notre voyageuse plusieurs heures plus tard, en face de quatre mécas qui encadraient un Kímon pour le moins peu intéressé par les évènements.

« J’ai donc deux petites questions à poser à Kímon…

— Cette situation n’a aucun sens, grogna Maden, qui se tenait le plus proche de son frère.

— En effet. Mais je peux vous léguer une tablette avec toute l’histoire si vous le souhaitez… Comme ça, c’est donnant donnant. Vous répondez à des questions sans sens, mais vous obtenez une histoire se passant dans votre futur, écrite en vieux Français, j’en conviens, mais vous devriez être capable de la lire… »

La webster restée elle aussi auprès du petit haussa les deux sourcils et jeta un regard de biais à Maden. Le jeune homme le capta et se renfrogna avant de grogner :

« Va pour ce compromis. Posez vos questions. »

Ils ne pouvaient pas se passer d’un artefact présentant leur futur, pas avec l’existence précaire qu’ils menaient à Niemen.

« Je vous ai prévenu, elles sont plutôt personnelles, ces questions. Bien. Kímon, te rappelles-tu de ta vie d’avant ?

— Oui », répondit simplement le garçonnet.

Il ouvrait la bouche pour la première fois et ne regardait pas directement l’étrangère. Maden soupira et maugréa quelque chose du type «touçapourça». Surprise, la voyageuse sourit. Elle ne pensait pas obtenir une réponse. Elle décida de ne pas prêter attention à Maden qui devait très certainement être jaloux de son frère, car, bien que personnage principal du tome 2, il n’avait pas de question.

« Merci Kímon. Seconde et dernière question : Arrives-tu à avoir des sentiments maintenant ?

— Oui, répondit une seconde fois le gamin, toujours parfaitement inexpressif et immobile.

— Parfait ! Merci beaucoup, Kímon ! »

Elle posa la tablette avec l’application Wattpad ouverte dessus, puis salua tout le monde d’un signe de tête.

« Et voilà ! Merci à tous ! »

Elle disparut pour rejoindre sa dernière interview : Leuthar.