Cet article fait partie d’une série intitulée « Melody : Objectif papier ».

La couverture d’un roman est essentielle : c’est, principalement, elle qui va donner envie au lecteur de le plonger dans le livre. C’est ce qui rend l’objet beau et désirable. Autant dire que ce point ne peut être négligé et que vous devez y apporter une attention toute particulière.

Dès lors, deux solutions s’offrent à vous : faire appel à un prestataire ou réaliser votre couverture vous même. Si vous n’avez aucune formation graphique, ou si vous n’êtes pas parfaitement à l’aise avec l’exercice, il va sans dire que la solution 1 sera préférable. 😉

Solution 1 : Passer par un prestataire

À l’instar de la correction orthographique, la composition graphique est un métier (tout un corps de métier, en fait), et qui plus est un métier créatif, avec ses codes, ses règles, ses techniques.

Vous n’êtes pas graphiste ? Vous n’avez que de vagues notions de retouche Photoshop ? Passez votre chemin et faites faire votre couverture par un pro.

Attention, ne prenez pas le pro au hasard. Tous les graphistes ne se valent pas ou, plus précisément, tous les graphistes ne vous conviendront pas. Choisissez un prestataire dont le style et les créations vous parlent, puis furetez sur Instagram, Pintreset, Deviant Art… aidez-le à cerner votre besoin avec des références, demandez-lui de vous fournir des planches tendance pour évaluer s’il a compris votre besoin. Demandez un devis ne coûte rien, en revanche la note peut être salée, selon la complexité de vos attentes. Il est difficile d’estimer une fourchette de prix pour une couverture “sur mesure” mais il ne faut pas espérer en dessous de 300 € (300€ c’est le tarif ami)  et cela peut monter haut.

Atramenta, comme pour la correction, propose un service de mise en relation entre auteur et graphiste. D’autres sites comme Bookelis ou d’autres plateformes d’impression à la demande, propose des packs de création graphique à des prix abordables (160€ chez Bookelis). Pour être honnête, nous ne pouvons pas faire de retour sur ces services mais ils ont l’avantage de vous fournir des fichiers prêts à imprimer, et à défaut d’une couverture très originale, le rendu final reste propre.

Solution 2 : DIY (do it yourself)

Si, toutefois, vous n’avez pas les moyens (ou vous ne voulez pas) de faire appel à un professionnel de la création pour réaliser votre couverture, voici tout de même quelques conseils :

1- Faites simple !

Il est inutile de se lancer dans de grandes compositions graphiques, surtout si vous n’êtes pas à l’aise avec l’exercice. Une photo bien choisie et un texte bien placé suffisent à faire passer beaucoup d’informations.

 

Comment devenir éleveur de lamas, de Versipellis

Cette couverture de Versipellis, par exemple est très efficace dans son association du titre et de l’image.

Attention toutefois à l’utilisation de vos couleurs, vos textes doivent être lisible de loin et/ou par une personne avec une mauvaise vue. Du gris sur du gris, du rose pâle sur du blanc, sont autant de mauvais exemples.

Pareil pour la typographie (la forme des lettres) doit être claire et lisible, toujours de loin et/ou par une personne possédant une mauvaise vue (ou dyslexique, ou daltonien… etc.). Si c’est difficile à déchiffrer, vos lecteurs n’y accrocheront pas.

Inutile de chercher à en dire trop, la couverture doit, en un coup d’oeil, permettre :

  • De savoir de quoi on parle
  • D’évoquer le ton, l’ambiance du récit
  • De classer le livre vers son public

 

Dans le cas de Melody, huit ans, deux vampires et l’apocalypse l’intention est :

 

  • De s’orienter vers la littérature jeunesse avec un choix de couleurs vives et un visuel simpliste, voire naïf (on va parler d’une petite fille).
  • Nuancer le propos avec (le sujet reste sérieux, voire grave) les typographies en noire pour “Apocalypse” et “Vampires”.
  • Indiquer le danger imminent grâce au “M” de “vampires”, travaillé pour ressembler à des dents menaçantes

2 – Attention à vos médias

Utilisez des images libres de droits, ou achetez les droits des images que vous utilisez : c’est essentiel car dès l’instant où vous commercialisez quelque chose sans vous conformer à sa licence, vous êtes dans l’illégalité et vous risquez des poursuites.

Suivez l’exemple de Cyrielle, qui a récemment refait l’intégralité des couvertures de ses romans, en vue de les autoéditer (et elle se paie le luxe d’avoir une cohérence visuelle forte entre chacun de ses romans :-D).

Les photographies ne sont pas les seules ressources auquel il faut prêter attention :

  • Les licences de vos typographies permettent-elles une utilisation commerciale ?
  • Les éventuels brushs, et textures utilisés lors de la composition (on a dit : faites simples, vous ne devriez pas en avoir utilisé…) sont-ils libres d’usage ? Sous quelles conditions ?
  • Les couleurs que j’utilise et leur association sont-elles déposées (si si, on peut déposer des couleurs) ?

3 – Dans le cas d’un livre papier, lisez les spécifications techniques fournies par votre imprimeur.

Oui parce que composer pour un ebook ou composer pour un livre papier, c’est deux paires de manches très différentes, ne serait-ce que dans le choix des couleurs.

Impression en quadrichromie Vs Affichage sur un écran

Il y a une différence majeure entre une couverture de ebook et une couverture papier : la façon dont est traitée la couleur RVB pour un écran, CMJN pour un support physique :

C’est un peu technique, mais ce qu’il faut retenir, c’est que les couleurs affichées par votre écran d’ordinateur ne sont pas forcément celles qui seront imprimées au final et cela pour deux raisons :

  • Certaines couleurs affichées par les écrans ne peuvent simplement pas être imprimées (ou peuvent être imprimée grâce à des méthodes spéciales qui augmentent considérablement les coûts d’impression)
  • Votre écran interprète les couleurs avec ses propres critères (son étalonnage). D’ailleurs, si vous regardez une même image sur deux écrans différents, il est probable que votre oeil détecte certains changements de teinte.

Pour pallier à une partie de ce problème, les logiciels de conception assistée par ordinateur (CAO) disposent de ce qu’on appelle des “profils colorimétriques”.

Voici ce qui se passe lorsqu’on oublie de régler le profil colorimétrique de son logiciel en CMJN avant de faire sa composition :

Sur ordinateur

Une fois imprimé

Ça peut donner des rendus catastrophiques, surtout lorsque l’imprimeur effectue une conversion automatique vers la couleur imprimable la plus proche.

Comment je suis sensé savoir ce dont mon imprimeur a besoin ?

Votre imprimeur vous fournira des spécifications techniques précises qui vous permettront d’obtenir un rendu de qualité optimum. Ce document doit préciser, entre autres :

  • La taille des marges
  • La taille des fonds perdus. (Les fonds perdus ce sont les marges externes d’une composition : elles permettent à l’imprimeur d’avoir un peu de marge d’erreur lors de la découpe des documents.)
  • Le profil colorimétrique avec lequel travailler
  • La résolution (300DPI pour l’impression contre 72 pour le web : c’est le nombre de pixels présent dans un inch)

Si vous n’avez pas ces informations, demandez-les à votre prestataire d’impression pour éviter toute mauvaise surprise.

À titre d’exemple, voici celui fourni par PixartPrinting, notre imprimeur sur Melody.

Composition d’une couverture à destination de l’impression :

La première de couverture

Le premier contact avec le livre se fait via cette page. Seuls deux éléments lui sont indispensables :

  • Le titre
  • Le nom de l’auteur

Ils doivent tous deux êtres lisibles facilement.

La tranche

La taille de la tranche va dépendre du nombre de pages du livre. Dans le cas de Melody, elle est tellement minuscule que faire rentrer les informations voulues à été un vrai casse-tête !  Nous y avons mis :

  • Le nom de l’éditeur (cestdoncvrai)
  • Le nom des autrices (nous ^^)
  • Le titre du roman

On peut imaginer également y faire figurer le numéro du volume, s’il fait partie d’une série (plus facile pour ranger dans une bibliothèque 😉 )

Comment calculer la taille de la tranche de votre livre ?

À nouveau, vous imprimeur devrait être en mesure de vous fournir cette information, néanmoins, il existe des outils en ligne, mais il vous faudra, au préalable, savoir l’épaisseur du papier sur lequel votre livre sera imprimé. (À noter que plus l’épaisseur du papier est élevée, plus le prix le sera aussi ! )

La quatrième de couverture

 

La composition de la 4ème de couverture est variable, certaines mentions sont obligatoires (on y reviendra)  :

  • Le prix au moment de l’édition et pour le pays d’édition
  • L’ISBN
  • Le code barre
  • La mention de l’âge s’il s’agit de littérature jeunesse.

Tout le reste est facultatif mais il faut garder à l’esprit qu’en général, après avoir pris un livre en main, le réflexe d’un lecteur va être de le retourner pour voir ce qui est inscrit au dos ;). De notre côté nous avons :

  • Le titre
  • Le résumé
  • Une présentation de nous deux, à la troisième personne (exercice d’écriture horrible s’il en est)
  • Lien vers Twitter et notre site

Boîte à outils pour réaliser sa couverture

Le logiciel en ligne Canvas :

Canvas est un outil gratuit, accessible en ligne et qui permet de faire des compositions graphiques très variées. Il est très intuitif et propose de nombreux modèles.

https://www.canva.com/fr_fr/creer/couverture-livre/

Photographies en Creative Commons ou dans le domaine public  :

Icônes, brushs, vecteurs sous licence libre :

Typographies :

 

Rendez-vous la semaine prochaine 😉 !


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