La petite histoire de Melody dans les boites à lire…

Il y a quelques mois, nous attendions une voiture pour covoiturer, aux alentours de la gare de Bordeaux. Nous étions installées dans un square, coin de la rue de la Rock School Barbay.

Une petite boite aux allures de maisonnette, toit en pente, sur pilotis, a attiré notre attention. L’abri, pas loin d’être une cabane à oiseau, était en fait une cabane à livre. Derrière la vitre se tenait là une petite bibliothèque d’une trentaine d’ouvrages aux couvertures usées. Des poches, des reliés… du seigneur des anneaux à Mussot en passant par un dico…

Ça nous a émerveillées. Tous ces livres sont libres. Ils voyagent. Le principe est simple : je dépose un livre, je repars avec un autre. Une sorte de bibliothèque sans carte, sans obligation de rendre les livres dans les deux semaines.

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À l’époque, déjà, nous avions Les résistants en ligne, en attente de commentaires et de retours lecteurs, sur Wattpad et sur Scribay.

Comme souvent, l’idée nous est venue en même temps : mettre nos livres à disposition via ce système et tenter d’instaurer un dialogue numérique et analogique entre le lecteur papier et l’auteur. Car pour nous, le livre papier souffre d’un défaut qui nous effraie : l’absence totale d’échanges avec celui qui lit et celui qui écrit.

Écrire pour le papier est moins gratifiant qu’écrire pour le numérique.

Internet et les plateformes de publication ont ceci de magique qu’elles nous permettent d’échanger avec les lecteurs. On sait, à peu près, combien de personnes nous ont lu, et quels livres sont effectivement lus, appréciés.

Mieux encore, on peut avoir des retours directs et complets du lectorat qui n’a, en général, aucune hésitation à nous interpeller. Le constat est sans appel : aujourd’hui, les lecteurs participent activement à notre processus d’écriture.

Le texte d’une histoire est mouvant, vivant, au-delà de ce qu’il raconte. Il est vecteur d’interactions, d’échanges, de réflexions (autour des techniques d’écriture, autour du message…). En tant qu’autrices, nous nous sentons augmentées, nourries par notre contenu en ligne.

Et le livre papier, dans tout ça ? Le livre papier, nous le regardons avec méfiance, avec appréhension. Là où la publication numérique relève presque du film en trois dimensions, le livre papier s’apparente à un cliché polaroïd. Il a son charme, c’est indéniable, mais il reste… figé et lointain.

Avec notre façon d’écrire, nous mesurons entre autres la réussite d’un texte aux échanges qu’il génère en ligne… Le format même du livre papier nous priverait de ces valeurs essentielles, ce qui le rend inquiétant.

À moins que…

Comment faire en sorte que le livre, en tant qu’objet, devienne vecteur d’échanges entre lecteurs et entre lecteurs et auteurs ?

Avec les boites à lire de Bordeaux, nous avions un début de modus operandi : le lieu d’expérimentation, la rue. Un début qui devait maturer plusieurs mois.

Le temps de dire, le temps de faire

Après quelques mois à réfléchir le projet, nous avons décidé de le mettre en œuvre avec le livre Melody, huit ans, deux vampires et l’apocalypse.

Pourquoi ce livre ? Très bonne question 🙂

L’histoire est courte, donc le support n’est pas très cher à produire.

Ensuite… On ne va pas vous le cacher, Melody est notre Cheval de Troie. C’est cette petite histoire qui se lit en (en moyenne) 2 h, sans prise de tête, que nous avons décidé d’envoyer séduire vos cœurs de lecteurs pour faire découvrir notre univers.

Melody, huit ans, deux vampires et l’apocalypse deviendra donc notre fer-de-lance, notre expérimentation physique de l’édition. Dans des boites à lires, mais aussi, prochainement, de manière moins géolocalisées… plus commerciales, mais avec toujours une peu d’expérimentation dedans 🙂

Édition spéciale boites à lire !

Nous voici donc avec des exemplaires de Melody, imprimés spécialement pour les boites à lire de Bordeaux. Cette impression nous a permis de tester un imprimeur dont on vous reparlera probablement bientôt :). Et aussi d’éprouver la vive émotion de recevoir un objet formé de tous ces pixels à partir desquels on travaille tous les jours !

Bref. Une édition spéciale composée, en plus de l’histoire, de plusieurs parties annexes :

1- Une 4em de couverture incitant à se renseigner sur le projet

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2- Une double page, après l’histoire, pour expliquer notre démarche.
3- Deux doubles pages à disposition des lecteurs de boîte à lire pour écrire des commentaires (avec un vrai stylo ! si, si, si !), échanger avec les lecteurs suivants, laisser un avis… etc. ! (et vous inciter à nous envoyer des photos 😉 )
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4- Une page bardée de QR code en lien direct vers la version numérique de l’histoire et nos comptes sociaux.

Trouvez le livre, participer à l’expérience.

Le dimanche 10 avril, nous allons nous rendre à Bordeaux et déposer 9 exemplaires dans les boites à lire suivantes :

– Place Dormoy
– Place Nansouty
– Jardin public
– Picard (place)
– Parc Bordelais
– Maison écocitoyenne (Quai richelieu)
– Place Gavinies
– Jardin Martyrs de la Résistance (Saint seurin)

Voir en plein écran

Bien évidemment, le principe même des boites à lire implique que les livres vont bouger 🙂

Nous espérons que ces livres vivront à travers leurs lecteurs, qu’ils inciteront à l’échange et qui nous permettront d’amorcer de nouvelles formes de discussions !

En tout cas, nous pensons avoir mis en œuvre tous les outils nécessaires à l’ouverture du dialogue !

Bordelais, lecteurs, emparez-vous de notre bois mort, il est à vous. Faites-le voyager !