Quand nous avons commencé à écrire à quatre mains se sont posées plusieurs questions techniques et logistiques qu’en bon développeur (notre premier métier, c’est le développement. Web pour Cloé et mobile pour Tat) nous avons pris plaisir à résoudre.

La synchronisation de nos machines, indispensable pour écrire à deux mains, s’est gérée sans problème via un système OwnCloud (comme Dropbox et Google Drive,) autohébergé.

La question du langage nous a donné plus de fil à retordre. Oui, c’est un problème de développeur. Pour écrire, on est d’accord qu’il faut un bloc note et un clavier… Voir même, encore plus fou, un papier et un stylo ! Seulement pour publier, il faudra nécessairement formater son texte, le normaliser. Dans le cas d’une écriture collaborative, mieux vaut se poser la question en amont :

– Avec quoi on code… Heu pardon, on écrit ?

– Il faut qu’on puisse facilement générer un PDF bien mis en forme. Et du Epub aussi, pour pouvoir se relire sur la liseuse. Et puis ça fait plus sérieux le Epub…

– Autant se définir tout de suite des règles typographiques, des guidelines voir un framework.

Développeurs, on vous dit…

Le vif du sujet : LaTeX

Si notre cœur a un temps penché vers le Markdown auquel nous sommes habituées et dont le rendu est très propre, nous avons fini par nous tourner vers LaTeX, plus puissant et plus adapté à la pagination.

En effet, le Makdown est souvent utilisé pour documenter son travail, son code, sur une page web. Mais une page web n’est pas limitée à un format A4, A5  ou poche, avec des marges précises. Cela ne correspondait donc pas aux besoins d’un livre.

LaTeX est un langage (système de composition de document, nous dit Wiki) qui permet, de prime abord, de faire des affichages mathématiques ultra-complexes. C’est simple, dès que vous voyez un livre de thésard avec des maths, de la physique ou de la chimie dedans, il y a de grandes chances que ce soit du LaTeX derrière.

Il s’avère que l’on peut s’en servir pour formater  les PDF avec beaucoup d’élégance et de souplesse. Quelques paramètres et on passe d’un format A4 avec marge d’annotation, à un format poche. Évidemment, ça génère aussi la table des matières, les sauts de page… Une fois mise en place, cela permet de décorréler complètement la question de la mise en forme de celle de l’écriture.

Comment ça se passe concrètement ?

On a commencé par séparer le livre en plusieurs fichiers. Le fichier principal se nomme histoire.tex.

C’est dans ce fichier que l’on va préciser si on veut un format A4 ou A5. C’est également dans ce fichier que l’on va lister tous les chapitres à inclure dans le PDF final. Cela permet de ne pas se retrouver avec toute l’histoire au même endroit.

Nous avons donc un dossier chapitres qui contient plein de de fichiers type chapitre01-Pour_l_Ordre.tex ou chapitre04_L_Once.tex. Chacun de ces fichiers ne contient que le chapitre. C’est d’ailleurs dans ce dossier que nous écrivons. On reparlera de l’éditeur de texte utilisé (pas Word) mais dans l’idée, un simple bloc note suffit.

Et, enfin, il y a un fichier que l’on pourrait appeler feuille de style (story.sty). Nous en avons deux, l’un pour le format A4 et l’autre pour le format poche. Là encore, on en reparlera 🙂

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Le fichier principal (histoire.tex) regroupe tout ce qu’il faut pour générer un document cohérent, le fichier qui s’occupe de la mise en page, et les chapitres. Tous séparés pour pouvoir les traiter individuellement.

La syntaxe LaTeX n’est pas si barbare que ça…

Bien sûr, le LaTeX demande tout de même quelques subtilités dans la façon de taper son texte. Par exemple, on n’aura pas

« T’as qu’à penser moins fort, si ça te met mal à l’aise, Niles, fit-elle avec son petit ton au-dessus des autres, en soufflant sur sa tasse, les doigts entrelacés sur la surface brûlante.

– Alors ? Elle s’en remet ? » demanda William, d’un ton pressant.

mais

<<~T’as qu’à penser moins fort, si ça te met mal à l’aise, Niles, fit-elle avec son petit ton au-dessus des autres, en soufflant sur sa tasse, les doigts entrelacés sur la surface brûlante.

—~Alors ? Elle s’en remet ?~>> demanda William, d’un ton pressant.

<< sera compilé en « (tout comme les guillemets fermants), — donnera un tiret cadratin et les ~ laisseront place à des espaces insécables.

Vu comme ça, avouez que c’est un peu plus intuitif et ergonomique, cela dit vous êtes tout à fait en droit de nous dire :

Mais c’est super chiant ! Et d’abord, il est où le ~ sur un mac/pc

Alors, pour information, pour le tild sur pc, chez nous c’est ALTGR-2 suivit d’un espace. Sur mac, c’est ALT-n. Mais à vrai dire, on s’en fou pas mal…

Au final, la seule chose que nous avons prit l’habitude de taper, c’est :

"---" à la place de "alt+-" (mac) et "ctrl + alt + -" (sous PC, si l'option a été activée dans les paramètres de saisie)

"<<" à la place de "alt + 7 "(mac) et "alt + 0171" (PC)

">>" à la place de "alt + maj + 7" (mac) et "alt + 0187" (PC)

Tout le reste, ça a été remplacé par quelques petits scripts d’automatisation. Mais cela, ce sera pour un prochain billet 🙂